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Comment j’ai survécu au Cap-Ferret en famille

Le Cap-Ferret : des vacances cinq étoiles

« Alors, c’etait comment ? »
« Pas terrible ! »
« Serieux ? Tu t’es fait des potes ? Les gens étaient mignons ? »
« Non. C’était horrible ! Je n’ai jamais vu ça. Il n’y’avait que des gens jolis. J’ai fait trois bars.  La même ambiance. Des gens chics. Des groupes qui ne se mélangent pas. Je ne te parle même pas de la déco. C’est blanc. Propre. Rectiligne. Brrrrouuuh ! Dégeulasse ».

Sur le perron de notre maison, on rit. © Jerome Pruniaux

Arrivée la veille, avec mari et enfants, je n’ai pas eu le courage de l’accompagner boire un verre. Je suis réveillée depuis sept heures du matin. Notre maison baigne dans une coulée verte. Ca sent bon les pins. Les écureuils s’étirent. Le soleil m’a salué il y’a bien quelques minutes. Ma nuit fut courte. Mais je me sens bien. J’engloutis mon café sur la terrasse. Je respire à pleins poumons cette nature généreuse qui s’offre à moi. Et mon beau frère, cette espèce non identifiée vient de m’achever.  Le Cap Ferret sauce Milk Décoration, c’est manifestement pas son truc. A l’inverse, c’est terriblement le mien ! Voici pourquoi.

Maisons typiques du village de Pirallain. © Jérôme Pruniaux

Magique Cap-Ferret

La commune de Lège Cap Ferret, c’est huit mille cinq cent habitants à l’année. Plus de soixante milles personnes au mois de juillet et aout. La presqu’île a le vent en poupe. Il parait que Marion Cotillard, Charlotte de Monaco, Alice Taglioni, Laurent Delahousse ne jurent que par elle. Ce petit bijou d’endroit est devenu en quelques années un ersatz du Saint Tropez des années cinquante… Enfin c’est ce que raconte l’édition de Voici de cette semaine. Je comprends ces vedettes.  Le coin est majestueux. La nature forte et fragile à la fois me subjugue. Je m’y sens toute petite comme enveloppée dans un nuage de bonbon.

Au loin, deux des 53 cabanes tchanquées de l’ile aux oiseaux © Jérôme Pruniaux

Le Cap Ferret, c’est ma deuxième fois. Toujours en famille. Toujours avec les grands-parents, pièces incontournables pour profiter d’un café face à l’océan le matin main dans la main avec l’amoureux. Deuxième fois que nous posons nos yoyos parisiens et doudous près du marché Piraillan.

© Jérôme Pruniaux

Notre maison est typique. Un étage. Elle baigne dans son jus. Le toit ? En bois. Tomettes au sol. Quatre chambres. Les murs sont recouverts de papiers peints façon toile de jouy. Elles ont chacune leur caractère. Les petits carreaux roses et blancs de la salle de bain rappellent les intérieurs des grands-mères d’antan. So vintage ! Sur la cheminée du salon, un furet empaillé fait la grimace. So creepy !  Juste à côté, d’authentiques éditions de boites de Mikado font la conversation aux vinyles vieillis. Ecoutons ce qu’ils racontent. Ce ne sera pas pour cette fois. Le tourne disque est grippé. Le son sec ne glisse pas. Je mets plutôt Deezer. La compile souvenirs d’été – avec ma Juliette Armanet d’amour – ça marche aussi. Les murs sont fins. Les escaliers en bois craquent. On entend tout. « Hum. Qui a parlé de vacances reposantes déjà ? » Derrière, le jardin. Ici, les herbes sont un peu tarées. Elles poussent ça et là. C’est ici entre deux magnifiques pins que nos vêtements se dorent la pilule. Toujours pas de bruits de voitures. Les cigales chantent. Il fait ni trop chaud. Ni trop froid. Les enfants se chamaillent le hamac.

Océan, chilling et Mojito

Bientôt, nous irons à l’océan. La plage du Truc Vert  me sidère à chaque instant. On traverse un lit de pins à perdre la vue avant de rejoindre l’océan et son sable blond. Pour les kids, c’est royal. Elle est surveillée. Ma fille c’est Brice de Nice en plus noire en miniature.  Un matin, je vois une cascade de petits appentis surfeurs.Vraiment trop choux avec leur planche sous le bras. Je note l’idée pour l’année prochaine. Le stage d’une semaine en mode crevettes reste abordable. Quatre vingt dix huit euros pour prendre un bol d’oxygène tous les matins,  se faire de nouveaux copains et m’offrir par la même occasion une heure de répit, j’achète !

© Jérôme Pruniaux

Les après-midi, on chill’. Direction la plage de l’Herbe. C’est du coté du bassin. Plus calme pour les tout- petits. D’ailleurs, je ne vois pas un parent sans un bébé sous le bras. C’est notre truc. Un peu notre laissez-passer pour coller à la parfaite carte postale du village pendant la période estivale. « Léon » « Gaspard » « Alphonse » « Charlotte » « Charlie » »Joséphine ». Ha oui. Pas de doute. On est bien entre Parisiens ou Bobos de merde . Au choix. Dans tous les cas, on apprécie tous la même chose ici. C’est charmant, coquet, authentique, préservé … tout ce que Paris n’offre plus. Ca bronze les lolos à l’air. Les mamas sont sexy. Elles ont des abdos à faire plier Bruce Lee.  Vasi. Je ne suis pas bien. Je reste en short. Il avait peut-être raison mon beau-frère finalement. Les gens sont beaux.

En mode détente sur la plage de l’Herbe.

Tout est prétexte pour jouer sur la plage de l’herbe.

C’est l’heure de rentrer. C’est l’heure de l’apéro. Open rosé et huîtres pour certains. Crevettes grises et Blanc pour d’autres. Au sol, face à nous, jonchent les aiguilles de pins. C’est joli.  On aurait aussi pu avoir les pieds dans l’eau. A cinq minutes à bicyclette, il y’a la 57 au coeur du village ostréicole du Canon, la vue du bassin est imprenable.  Demain. Peut-être. Pour l’heure, notre préoccupation principale est sans appel: devine ce que l’on dine ce soir ?

L’endroit idéal pour pendre l’apéro les pieds dans l’eau, la cabane 57

On vient de coucher les sheitan enfants. C’est le moment. En route pour l’aventure. On visite Piraillan. Le plus typique des villages du Cap Ferret est d’une telle beauté ! Une virée avant de plonger dans les bras de Morphée devrait être prescrite pour guérir tous les maux.

Port ostréicole Piraillan

On atterrit chez Pierrette.  Ambiance guinguette. C’est toujours plein. Les gens se ressemblent. Ils sont blonds ou châtains. Les mèches se rebellent. Attitudes mi-rebelles, mi-prout-proutes. J’ai une hallucination. Les pulls sont tous marins. Le premier soir, je vois deux Noirs. Ils dinent à l’intérieur. Beaux gosses. Bermuda en toile. Petit polo classieux.… Ce sont les portiers, en fait. Pas de chagrin. Les soirs suivants. On est là. Represent ! Et puis, l’ambiance est vraiment cool. Les parents prennent plaisir à sortir leur ados ou pas. Ca fume. Ca flambe. Ca parle fort. Ca rit beaucoup. Ca drague. Je pense à Elsa et Glen Medeiros.  Difficile de prendre un verre au bar. Pas de place. L’endroit a trop de succès. Il n’y’a pas de musique mais c’est festif. Le mojito à huit euros aide. On refait le monde en tête à tête avec mon mec. On questionne nos vies lorsque son frère est avec nous.

Les corps des huitres jonchent le sol de la cabane 57

Le marché, incontournable.

C’est déjà l’aube. Je ne résiste pas à l’appel d’un café allongé au bar du marché. Le meilleur moment pour profiter, c’est avant huit heures. Je prends les filles. On se balade dans les allées. Victoire connaît toutes les espèces de poissons. Elle a repéré le marchand de donuts. Je suis obligée de la suivre. Elle est grande. Elle sait comment y aller. Il est sympa, le marchand. Mais, il abuse niveau prix. Deux euros cinquante la pièce. C’est les vacances. Je cède. Le rire de Toscane est contagieux. Elle rit pour rien, elle aussi. Les marchands la compliment. Et je me fais avoir. J’achète plus que de raison.Tant Pis ! Haricots au déjeuner. Haricots froids en salade le soir !

En partance pour l’ile aux oiseaux

Et le glas sonna.

Les journées se suivent. Se ressemblent. J’avais plein de projets pourtant. Je comptais lire la trilogie de Douglas Kennedy, La symphonie du hasard.  Dévoré Sang famille de Michel Bussi. Admirer un coucher de soleil sur une plage sauvage. Prendre en photo les cabanes tchanquées sur l’île aux oiseaux. Raconter les histoires des filles dans leur carnet.

Et puis, finalement les vacances comme la vie c’est imprévisible. Un évènement tragique, inattendu a redistribué les cartes dans ma vie. En un fragment de seconde le soleil est devenu froid. Plongé dans un trou noir, j’ai beaucoup pensé au sens de la vie. J’ai longuement observé mes filles. Je les ai regardé rire. Pleurer. S’émerveiller. S’énerver. J’ai profité des choses simples. Et Toscane a fait ses quatre premiers pas. Et j’ai pleuré.

Merci le Cap Ferret. A l’année prochaine.

A retenir : 

  • Chez Pierrette: 6 Allee Des Cupressus, 33950 Cap-Ferret, Lège-Cap-Ferret +33 6 67 92 60 11 / Facebook 
  • Cabane 57: 40 rue du LITTORAL, Port de Piraillan 33950 Lège/ Facebook 
  • Marché Piraillan : Allée des Cigales, 33950 Lège-Cap-Ferret / tous les jours pdt les vacances de 8:30 à 13:00
  • Stage de surf pour enfants 4-8 ans : De 39€ à 290€. Info / Résa
  • Rapport qualité / prix général : Très correct. Pas d’exagération sur les prix par rapport à la qualité des lieux et services *****

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